La France est donc un pays de race blanche de tradition judéo-chrétienne, qu’ils disaient…

On a bien senti que, dans sa sortie sur la race blanche, Nadine Morano mettait dans le même sac, celui de tous ceux qu’on peut accueillir sans problème, sans même se poser de questions, tous les européens.

Et quand je rappelle que le racisme dont on fait preuve aujourd’hui à l’égard des arabes et des africains est le même qu’on eut à subir les immigrés polonais, allemands, espagnols ou italiens, j’ai l’impression de siffler dans une carafe.

Voici donc un texte qui a été publié, le 4 octobre 1933 dans « Le Journal », qui n’était pas particulièrement d’extrême-droite, trouvé sur Gallica. Il devrait particulièrement intéresser la fille d’immigré italien qu’est Nadine Morano.

Parce que l’italien dont on parle dans l’article, cela aurait pu être son père… Et que cela se passe dans « une petite ville de l’Est », en clair cette Lorraine à laquelle elle est tellement fière d’appartenir, en se réclamant de Jeanne d’Arc.

— o — O — o — 

  • Vous voulez épouser ma fille, jeune homme ?
  • Oui, monsieur. Nous nous aimons et…
  • N’êtes-vous pas Italien ?
  • Si.
  • Eh bien, vous ne deviendrez mon gendre que lorsque vous vous serez fait naturaliser Français.
  • Impossible! Italien je suis, Italien je resterai.
  • Alors, tout est rompu.
  • Adieu, monsieur !

Quelques jours après cet entretien, les deux jeunes gens se suicidaient.

D’après la version d’un de nos confrères, ce drame navrant qui vient de se dérouler dans une petite ville de l’Est serait la conséquence de l’ « intransigeance patriotique » du père de la jeune fille. Et aussi, me semble-t-il, de celle du jeune Italien.

Comment comprendre qu’un père, si attaché qu’il soit à son pays, refuse sa fille à l’homme qu’elle aime et qui l’aime, en disant : « Je ne veux pas d’un étranger ma famille » ? C’est là un nationalisme qui paraîtra excessif aux Français les moins disposés à chanter : « L’Internationale sera le genre humain». Passe encore quand le soupirant est Chinois, Marocain ou nègre : la différence de mœurs, la couleur des enfants possibles ou probables peuvent pousser les parents à désapprouver, à empêcher même — et ils ne le peuvent pas longtemps — l’union de jeunes gens si mal assortis. Mais un Italien, un « frère latin », ne présente aucun inconvénient inconvénient ethnologique ou autre.

Au surplus, comme il n’y a pas assez de Français pour épouser toutes les Françaises, pourquoi refuser, alors qu’il n’y a pas de chômage en amour, le concours d’une honorable main-d’œuvre étrangère ? Les femmes ont leur opinion là-dessus et ne la cachent guère.

Quant au jeune homme, il a exagéré aussi – c’est bien le moins qu’on puisse dire – en se tuant, et surtout en incitant au suicide la malheureuse jeune fille dont le père lui refusait la main. Qu’il n’ait pas consenti à sacrifier sa nationalité sur l’autel de Cupidon, soit, mais il avait le choix entre deux dénouements, infiniment moins déplorables que celui qu’il a adopté :

1 ° S’en aller, se faire oublier, oublier lui-même. (On y arrive très bien avec un peu de patience.)

2 ° Enlever la jeune fille en lui disant: « Fuyons vers ma belle patrie. C’est le pays rêvé des amoureux. Et tout s’arrangera par la suite. » (De même, Roméo aurait dû filer avec Juliette, sans se soucier des Montaigus et des Capulets.

Est-ce que ça n’aurait pas mieux valu, en fin de compte, que leur double suicide, même avec musique de Gounod ?)

– Oui, la vie arrange tout par la suite : il n’y a que la mort qui soit sans accommodements, et c’est ce que devraient se dire, s’ils étaient raisonnables, les amoureux qui n’ont jamais tellement à attendre pour se marier selon leur cœur, quittes parfois, peu de temps après, à s’en mordre les doigts.

Signé : Clément Vatel

— o — O — o —

Toute ressemblance avec des opinions et des situations actuelles serait purement fortuite et imaginaire…

On remarquera aussi, qu’en 1933, il existait des filles françaises de race blanche judéo-chrétienne qui n’envisageaient pas de se marier sans l’accord de leur père.

Nota Bene historique qui n’est pas sans importance : jusqu’en 1927, une française qui épousait un étranger perdait automatiquement et derechef sa nationalité, pour acquérir celle du mari (en tout cas aux yeux de la loi française) ; le mariage était soumis à la loi du pays du mari, ce qui, dans le cas des italiens, interdisait le divorce.

Ce qui permet d’envisager la réaction du père sous un autre angle, celui d’un père protecteur et en retard de six ans… Rah la là, la vraie vie, ce n’est pas simple.

(Par contre, le commentaire du journaliste reste… sujet à caution).

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